Déclarer ses cryptomonnaies en Suisse 2026
Fiscalité

Déclarer ses cryptomonnaies en Suisse 2026

Comment déclarer Bitcoin, Ethereum, staking et NFT aux impôts suisses ? Guide 2026 avec exemples, calcul de la fortune et règles par canton romand.

12 min de lecture

Vous possédez des cryptomonnaies et vous vous demandez comment les déclarer aux impôts en Suisse ? Vous n'êtes pas seul ! Avec l'explosion du Bitcoin, de l'Ethereum et des autres actifs numériques, de plus en plus de contribuables suisses sont concernés.

Bonne nouvelle : la Suisse a une approche plutôt favorable des cryptos. Mais attention, il y a des règles précises à respecter. Ce guide vous explique tout, canton par canton.


Les cryptomonnaies sont-elles imposables en Suisse ?


La réponse courte : oui, mais pas comme vous le pensez. En Suisse, les cryptomonnaies sont considérées comme des éléments de fortune, au même titre qu'un compte bancaire ou des actions.


L'impôt sur la fortune : obligatoire pour tous

Que vous ayez 1'000 CHF ou 1 million en cryptos, vous devez les déclarer dans votre état de fortune. La valeur à déclarer est celle au 31 décembre de l'année fiscale.

L'Administration Fédérale des Contributions (AFC) publie chaque année un cours fiscal pour les principales cryptomonnaies :

  • Bitcoin (BTC)
  • Ethereum (ETH)
  • Ripple (XRP)
  • Litecoin (LTC)
  • Cardano (ADA)
  • Solana (SOL)
  • Et environ 50 autres cryptos majeures

Pour les cryptos non listées, utilisez le cours de la plateforme où vous les détenez (Binance, Kraken, Coinbase, etc.) au 31 décembre.


Les gains en capital : exonérés pour les particuliers !

Voici la bonne nouvelle fiscale suisse : si vous êtes un investisseur privé, vos gains en capital sur les cryptomonnaies sont exonérés d'impôt.

Concrètement : vous achetez du Bitcoin à 20'000 CHF, vous le revendez à 80'000 CHF. Le gain de 60'000 CHF ? Non imposable.

Attention cependant : cette exonération a des limites. L'administration fiscale peut vous requalifier en trader professionnel si :

  • Vous faites du trading fréquent (plusieurs transactions par jour)
  • Vous utilisez l'effet de levier de manière intensive
  • Vos gains crypto représentent une part importante de vos revenus
  • Vous avez des connaissances professionnelles en finance
  • La durée de détention est très courte (moins de 6 mois)

Si vous êtes requalifié en trader professionnel, vos gains deviennent un revenu imposable, soumis à l'impôt sur le revenu ET aux cotisations AVS.


Quand devient-on trader professionnel ?

Si le fisc considère que vous êtes un trader professionnel, vos gains en capital deviennent imposables comme un revenu. L'Administration fédérale des contributions (AFC) utilise cinq critères pour évaluer votre situation :

1. Volume de transactions élevé — Si le total de vos transactions dépasse 5 fois votre capital crypto initial sur l'année, c'est un signal fort.

2. Durée de détention courte — Vous achetez et revendez régulièrement en moins de 6 mois ? Cela ressemble à une activité professionnelle.

3. Utilisation de levier ou de marge — Le recours à l'emprunt pour investir (trading sur marge, futures, options) est un critère déterminant.

4. Part importante dans vos revenus — Si vos gains crypto représentent une part significative de votre revenu total, le fisc peut considérer que c'est votre activité principale.

5. Connaissances professionnelles — Vous travaillez dans la finance ou la tech ? Vous utilisez des outils d'analyse technique avancés ? Cela peut jouer en votre défaveur.

Même si vous remplissez un ou deux critères, ce n'est pas automatique : le fisc examine la situation globale. Dans le doute, consultez un spécialiste pour évaluer votre risque de requalification.

Comment calculer la valeur de ses cryptos au 31 décembre ?


Le calcul peut sembler complexe si vous avez plusieurs wallets et exchanges. Voici la méthode :


Étape 1 : Lister tous vos avoirs crypto

Faites l'inventaire complet de vos cryptomonnaies sur :

  • Les exchanges centralisés (Binance, Kraken, Coinbase, Swissquote...)
  • Vos wallets personnels (Ledger, Trezor, MetaMask...)
  • Les plateformes DeFi (Uniswap, Aave, Curve...)
  • Vos positions en staking

Étape 2 : Noter les quantités exactes au 31 décembre

Pour chaque crypto, notez la quantité précise que vous déteniez à minuit le 31 décembre. La plupart des exchanges permettent d'exporter un historique.


Étape 3 : Appliquer les cours fiscaux

Multipliez chaque quantité par le cours fiscal AFC ou le cours de marché au 31 décembre.

Exemple de calcul :

  • 0.5 BTC × 42'000 CHF = 21'000 CHF
  • 3.2 ETH × 2'300 CHF = 7'360 CHF
  • 1'500 ADA × 0.45 CHF = 675 CHF
  • Total fortune crypto : 29'035 CHF

Cas particuliers : staking, airdrops, mining et NFT


Le staking : un revenu imposable

Les récompenses de staking (Ethereum, Cardano, Solana...) sont considérées comme un revenu. Vous devez les déclarer dans vos revenus à leur valeur au moment de la réception.

Exemple : Vous recevez 0.1 ETH en récompenses de staking quand l'ETH vaut 2'000 CHF. Vous déclarez 200 CHF de revenu.


Les airdrops : également imposables

Les airdrops (tokens gratuits reçus) sont traités comme un revenu si leur valeur est significative. Les airdrops sans valeur marchande réelle ne sont pas imposés à la réception, mais les gains futurs le seront.


Le mining : activité professionnelle ou hobby ?

Le mining de cryptomonnaies peut être considéré comme :

  • Hobby : si c'est occasionnel et peu rentable, les cryptos minées sont simplement ajoutées à la fortune
  • Activité lucrative : si vous investissez massivement en matériel et que ça génère des revenus réguliers, c'est un revenu imposable

Les NFT : fortune ou collection ?

Les NFT (jetons non fongibles) sont traités comme des biens mobiliers. Ils doivent être déclarés dans la fortune à leur valeur de marché au 31 décembre.

Problème : les NFT sont souvent difficiles à évaluer. Utilisez le prix d'achat ou le dernier prix de vente comparable sur la marketplace.


CARF 2026-2027 : la fin du secret pour les cryptos

Le Crypto-Asset Reporting Framework (CARF) est un cadre d'échange automatique d'informations développé par l'OCDE, spécifiquement conçu pour les crypto-actifs. Son objectif : permettre aux administrations fiscales de savoir exactement ce que vous détenez sur les plateformes d'échange, même à l'étranger.

Concrètement, les exchanges comme Binance, Kraken ou Coinbase devront transmettre vos données (soldes, transactions, identité) directement aux autorités fiscales de votre pays de résidence.

Calendrier pour la Suisse : initialement prévu pour 2026, le CARF a été repoussé à 2027 en Suisse. Les premiers échanges de données auront donc lieu en 2028, sur la base des transactions de 2027.

Ce que cela change pour vous :

1. Ne pas déclarer n'est plus une option. Avec l'échange automatique, toute omission sera détectable.

2. Les wallets privés restent hors du radar — pour l'instant. Le CARF ne couvre que les plateformes centralisées (CEX). Vos wallets Ledger ou MetaMask ne sont pas concernés directement, mais les transferts vers un exchange le seront.

3. Régularisez maintenant. Si vous n'avez pas déclaré vos cryptos les années précédentes, une dénonciation spontanée avant 2027 vous évitera les pénalités (une seule fois dans votre vie).

Pour en savoir plus, consultez notre article dédié : CARF 2026 : la fin du secret pour les cryptos en Suisse.

Déclaration par canton : spécificités romandes


Canton de Vaud

Le canton de Vaud demande de détailler vos cryptos dans l'annexe titres. Indiquez pour chaque crypto : le nom, la quantité, le cours et la valeur totale.

Utilisez le code 299 "Autres avoirs" pour reporter le total de vos cryptos.


Canton de Genève

Genève a une rubrique spécifique pour les "Avoirs en monnaies virtuelles" dans GeTax. Le canton est particulièrement vigilant sur les gros portefeuilles crypto.


Canton du Valais

Le Valais intègre les cryptos dans la rubrique "Autres éléments de fortune". Conservez bien vos relevés d'exchange comme justificatifs.


Cantons de Fribourg, Neuchâtel et Jura

Ces cantons suivent les directives fédérales. Déclarez vos cryptos dans la section "Fortune mobilière diverse".


Les erreurs à éviter absolument


Erreur #1 : Ne pas déclarer ses cryptos

C'est la pire erreur. Les autorités fiscales suisses ont accès aux données des exchanges et peuvent croiser les informations. La non-déclaration peut entraîner :

  • Des rappels d'impôts sur plusieurs années
  • Des amendes pouvant aller jusqu'à 3 fois l'impôt éludé
  • Des poursuites pour soustraction fiscale

Erreur #2 : Confondre achat et revente

Si vous avez acheté et revendu plusieurs fois la même crypto, gardez un historique précis. Le fisc peut vous demander de justifier vos opérations.


Erreur #3 : Oublier les cryptos sur des plateformes étrangères

Que vos cryptos soient sur Binance (Malte), Kraken (USA) ou un wallet personnel, vous devez TOUT déclarer en Suisse.


Nos conseils pour une déclaration sereine


Tenez un registre de toutes vos transactions crypto (date, montant, prix)

Exportez régulièrement vos historiques depuis les exchanges

Conservez les justificatifs pendant 10 ans minimum

Utilisez un outil de tracking comme Koinly, CoinTracker ou Blockpit

Consultez un spécialiste si votre portefeuille est important


Besoin d'aide pour déclarer vos cryptos ?


Questions fréquentes


Faut-il déclarer ses cryptos si on ne les a pas vendues ?

Oui. En Suisse, les cryptomonnaies sont soumises à l'impôt sur la fortune, même si vous ne les avez pas vendues. Vous devez déclarer leur valeur au 31 décembre.


Quel taux utiliser pour évaluer ses cryptos ?

L'Administration fédérale des contributions publie chaque année un cours officiel sur ICTax. Si votre crypto n'y figure pas, utilisez le cours de votre exchange au 31 décembre.


Les gains crypto sont-ils imposables en Suisse ?

Non, pour un investisseur privé, les gains en capital sur les cryptomonnaies ne sont pas imposés. En revanche, si vous êtes requalifié comme trader professionnel, ils deviennent un revenu imposable.


Qu'est-ce que le CARF et quand entre-t-il en vigueur ?

Le CARF (Crypto-Asset Reporting Framework) est un standard OCDE d'échange automatique de données crypto entre pays. En Suisse, il entrera en vigueur en 2027, avec les premiers échanges de données en 2028.


Que risque-t-on si on ne déclare pas ses cryptos ?

Vous risquez un rappel d'impôt sur les années non prescrites (jusqu'à 10 ans), des intérêts de retard et une amende pouvant atteindre 3 fois l'impôt soustrait. Une dénonciation spontanée permet d'éviter l'amende.

La fiscalité des cryptomonnaies peut être complexe, surtout si vous avez de nombreuses transactions ou des activités DeFi.


Chez NeoFidu, nous accompagnons de plus en plus de clients dans la déclaration de leurs actifs numériques. Nous pouvons :

  • Calculer la valeur fiscale de votre portefeuille
  • Déterminer si vous êtes investisseur privé ou trader professionnel
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